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Les vers intestinaux chez le chien et le chat : les reconnaître, les traiter et les prévenir

Claire, propriétaire de chien et chat depuis 20 ans 26/08/2026 9 min de lecture

📄 L'essentiel de l'article

  • Les vers intestinaux les plus fréquents chez le chien et le chat sont les ascaris (vers ronds) et le ténia Dipylidium caninum (ver plat), souvent transmis par les puces.
  • Un animal peut être infesté sans montrer de symptôme visible : diarrhée, vomissements ou ventre gonflé n'apparaissent pas systématiquement.
  • Certains vers, comme Toxocara, sont transmissibles à l'humain (zoonose), en particulier aux jeunes enfants — d'où l'importance de l'hygiène et de la vermifugation régulière.
  • La fréquence recommandée varie selon l'âge et le mode de vie : mensuelle pour les chiots et chatons jusqu'à 6 mois, puis tous les 3 à 6 mois pour un adulte selon qu'il sort ou non.
  • La coproscopie (analyse des selles) permet d'identifier précisément le parasite en cause et d'adapter le traitement plutôt que de vermifuger « à l'aveugle ».

Les vers intestinaux font partie de ces sujets qu'on préfère ne pas trop regarder en détail, et pourtant presque tous les chiens et chats y sont confrontés à un moment de leur vie, en particulier au cours des premiers mois. La bonne nouvelle, c'est qu'il s'agit d'un problème bien connu, facile à prévenir et à traiter quand on comprend comment ces parasites fonctionnent. Voici ce qu'il faut savoir pour protéger efficacement votre compagnon, sans paniquer inutilement.

Quels sont les principaux vers intestinaux chez le chien et le chat ?

On distingue globalement deux grandes familles de vers digestifs, qui n'ont ni la même forme, ni le même mode de transmission, ni tout à fait le même traitement.

Les vers ronds (nématodes)

Ce sont les plus fréquents. Les ascaris (Toxocara canis chez le chien, Toxocara cati chez le chat) mesurent entre 10 et 20 cm et touchent une grande partie des jeunes animaux : on estime qu'environ 70 % des chiots en hébergent à un moment donné, contre environ un tiers des chiens adultes. Les trichures, plus petits (environ 4 cm), se logent dans le gros intestin et se nourrissent de sang, ce qui peut causer une anémie en cas d'infestation importante. Les ankylostomes, plus rares chez les animaux de compagnie en France, sont également hématophages et peuvent provoquer une anémie sévère chez les très jeunes animaux.

Les vers plats (cestodes ou ténias)

Le plus courant est Dipylidium caninum, qui peut atteindre jusqu'à 80 cm de long une fois adulte dans l'intestin, bien qu'il se fragmente en petits segments mobiles (ressemblant à des grains de riz) visibles autour de l'anus ou dans les selles. Sa particularité : il se transmet presque toujours via les puces, que l'animal ingère en se toilettant. D'autres ténias, comme les échinocoques, existent mais sont moins fréquents chez les animaux de compagnie bien suivis.

Comment un chien ou un chat attrape-t-il des vers ?

Les modes de contamination sont variés, ce qui explique pourquoi même un animal qui ne sort jamais peut être concerné :

L'ingestion d'œufs ou de larves présents dans l'environnement (sol, herbe, eau souillée) reste la voie la plus courante pour un animal qui sort. Le contact avec des matières fécales contaminées, y compris en reniflant ou en marchant dessus puis en se léchant les pattes, transmet également facilement les œufs. Les puces jouent un rôle central dans la transmission du ténia Dipylidium caninum : un animal qui avale une puce infestée en se grattant ou en se toilettant peut développer une infestation, même sans sortir dehors, car les puces voyagent aussi sur les chaussures et les vêtements des humains. Enfin, chez les chiots et les chatons, la transmission peut se faire directement de la mère aux petits, avant la naissance (via le placenta) ou après, pendant l'allaitement — c'est pourquoi les très jeunes animaux sont vermifugés dès les premières semaines de vie, souvent avant même d'avoir mis une patte dehors.

Reconnaître les symptômes d'une infestation

Les signes digestifs

Diarrhée ou selles molles, parfois teintées de mucus ou de sang, vomissements occasionnels (dans lesquels des vers peuvent parfois être visibles), ventre gonflé ou distendu, en particulier chez les jeunes animaux.

Les autres signes à surveiller

Perte de poids malgré un appétit conservé, voire augmenté, pelage terne et moins brillant, fatigue inhabituelle, léchage ou frottement répété de l'arrière-train contre le sol (souvent appelé « signe du traîneau », lié à l'irritation causée par les segments de ténia), et présence de petits segments blancs mobiles autour de l'anus ou dans les selles, caractéristiques du ténia.

Le cas particulier des chiots et chatons

Les très jeunes animaux sont les plus vulnérables : une infestation importante peut entraîner un retard de croissance, une anémie, une déshydratation, voire dans les cas sévères une occlusion intestinale liée à un amas de vers. C'est pourquoi le protocole de vermifugation démarre tôt et se répète fréquemment durant les premiers mois.

Il est important de garder en tête qu'un animal peut héberger des vers sans présenter aucun symptôme visible, en particulier en cas d'infestation légère. L'absence de signe ne veut donc pas dire l'absence de parasite, ce qui justifie une vermifugation préventive régulière plutôt que d'attendre l'apparition de symptômes.

Un risque aussi pour les humains ? La question des zoonoses

Certains vers intestinaux du chien et du chat sont transmissibles à l'humain. C'est notamment le cas de Toxocara canis et Toxocara cati, dont les œufs peuvent être ingérés accidentellement (mains sales après contact avec de la terre ou un bac à sable contaminé, par exemple), avec un risque particulier chez les jeunes enfants. Les échinocoques représentent également un risque zoonotique, plus rare mais plus sérieux. Ce risque reste globalement limité si l'on respecte quelques règles d'hygiène simples : se laver les mains après avoir manipulé son animal ou ramassé ses déjections, ramasser systématiquement les selles dans les espaces publics, et vermifuger régulièrement son chien ou son chat. Ce n'est pas une raison de s'inquiéter au quotidien, mais une bonne raison de ne pas négliger la prévention.

Diagnostic : la coproscopie

Face à un doute, la coproscopie (analyse microscopique d'un échantillon de selles) permet d'identifier précisément le ou les types de parasites présents en recherchant leurs œufs. Cet examen, réalisé par le vétérinaire ou un laboratoire, est utile en cas de symptômes persistants, pour vérifier l'efficacité d'un traitement, ou simplement dans le cadre d'un suivi préventif régulier. Il évite de traiter « à l'aveugle » et permet d'adapter le vermifuge au parasite réellement en cause.

Le traitement : comment agit un vermifuge

Les vermifuges agissent en paralysant ou en détruisant les vers présents dans l'intestin, qui sont ensuite éliminés naturellement dans les selles au cours des 24 à 72 heures suivant le traitement. Ils existent sous plusieurs formes : comprimés à avaler ou à cacher dans une friandise, pipettes spot-on à appliquer sur la peau, ou pâtes orales, notamment utilisées chez les très jeunes animaux. Les produits vétérinaires prescrits par un professionnel offrent généralement un spectre d'action plus large et un dosage plus précis, adapté au poids exact de l'animal, que les produits en vente libre. En cas de vomissements ou de diarrhée qui persistent après le traitement, il est recommandé de recontacter le vétérinaire.

À quelle fréquence vermifuger son animal ?

La fréquence recommandée dépend de l'âge, du mode de vie et de l'environnement de l'animal.

Chiots et chatons

La vermifugation démarre dès l'âge de 2 semaines environ chez le chiot et le chaton, puis se répète toutes les 2 semaines jusqu'au sevrage, avant de passer à un rythme mensuel jusqu'à l'âge de 6 mois. C'est la période où le risque d'infestation, et ses conséquences potentielles, sont les plus élevés.

Animaux adultes

Pour un chat d'intérieur strict, sans contact avec d'autres animaux, un vermifuge tous les 3 à 6 mois suffit généralement. Pour un chat qui sort, ou pour la plupart des chiens, un rythme plus rapproché, tous les 3 mois, est le plus souvent recommandé, notamment parce que le risque d'exposition (contact avec d'autres animaux, ingestion de proies, puces) est plus élevé.

Femelles gestantes ou allaitantes

Un protocole spécifique est généralement mis en place par le vétérinaire avant et après la mise bas, afin de limiter la transmission des parasites aux petits, qui reste l'une des voies de contamination les plus fréquentes chez les très jeunes animaux.

Dans tous les cas, le vétérinaire reste le mieux placé pour établir un calendrier de vermifugation personnalisé, en fonction du mode de vie réel de l'animal et des risques locaux.

Prévenir les réinfestations au quotidien

Quelques habitudes simples limitent nettement le risque de réinfestation. Traiter en même temps tous les animaux du foyer évite qu'un animal non traité ne recontamine les autres, en particulier lorsque le ténia est transmis par les puces communes à tous les animaux de la maison. Une bonne gestion antipuces reste essentielle, puisque les puces sont le principal vecteur du ténia. Ramasser rapidement les déjections dans le jardin ou en promenade réduit la présence d'œufs dans l'environnement. Nettoyer régulièrement les gamelles, les zones de couchage et le bac à litière limite également l'accumulation de parasites. Enfin, un contrôle vétérinaire régulier, avec coproscopie si besoin, permet de vérifier que le protocole en place reste efficace.

Questions fréquentes

Mon chat ne sort jamais dehors, doit-il quand même être vermifugé ?

Oui. Les œufs et les larves de parasites peuvent être transportés à l'intérieur via les chaussures, les vêtements ou d'autres animaux du foyer, et les puces suffisent à transmettre le ténia même à un chat qui reste toujours à l'intérieur.

Puis-je voir les vers à l'œil nu ?

Parfois, oui : des vers ronds peuvent apparaître dans les vomissements ou les selles, et les segments de ténia ressemblent à de petits grains de riz mobiles autour de l'anus ou dans les selles. Mais l'absence de vers visibles ne signifie pas absence d'infestation.

Le vermifuge en vente libre est-il aussi efficace que celui du vétérinaire ?

Les produits vétérinaires ont généralement un spectre d'action plus large et un dosage plus précis. En cas de doute sur le type de parasite ou en cas d'infestation confirmée, l'avis du vétérinaire reste préférable.

Que faire si mon animal semble mal réagir après un vermifuge ?

De légers troubles digestifs juste après le traitement peuvent survenir (liés à l'élimination des vers), mais des vomissements ou une diarrhée qui persistent au-delà de 24 à 48 heures doivent amener à recontacter le vétérinaire.

Un animal correctement vermifugé peut-il quand même transmettre des vers à un enfant ?

Le risque est fortement réduit par une vermifugation régulière, mais pas totalement nul tant que l'animal fréquente l'extérieur. Se laver les mains après contact avec l'animal ou la litière, et ramasser les déjections, restent des gestes complémentaires utiles.

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